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pourquoi sommes nous fiers comme des rochers; fragiles comme du verre ( elliot)

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MessageSujet: pourquoi sommes nous fiers comme des rochers; fragiles comme du verre ( elliot) Ven 1 Déc - 20:31

Les yeux dans l'vague, le vague à l'âme, tu flottes sur l’océan qui t'entoure. T'es comme un poids mort; ta jambe gauche est plus légère que jamais, elle veut s'envoler vers les cieux, tandis que ton cerveau est lourd comme du plomb, t'entraîne toujours plus vers les abysses. T'en as d'la chance. Avec la limite de deux cent mètres, tu n'oses pas aller bien loin ? Pour quoi faire, après tout ? Tu ne vas pas t'échapper de ton lieu de paix à la nage. Pour retrouver ton garage crasseux, les vieux qui font trop de bruits au comptoir et les deux trois jeunes bucoliques trop pleins d'espoir et qui pensent échapper à la vie prévisible et monotone qui les attend dans ta ville fantôme ? Non, merci. T'as été assez malin pour tourner le dos à cette vie insensée et poussiéreuse. Avant que l'ennui ne t'achève.
La menace du soleil levant te fait fermer les yeux. Tu bossais comme un dingue, là-bas. T'es plus habitué à la simplicité de la lumière de l'astre. Tu la croyais prise pour acquise, ressource inépuisable, mais ce matin, le fameux éclat semble te faire la gueule. Il a raison, le soleil. Il a bien mieux à faire que d'éclairer ton triste spectacle. Tu nages un peu, en dos crawlé. T'as toujours été un peu gringalet, mais avec la vitesse qui va avec.    
Alors abasourdi par le calme, t'as presque envie de t'assoupir. Tu t'abandonnes au courant hasardeux, aux remous d'un océan bienveillant. Trois gouttes de sueur perlent sur ta peau. Irisé, tu es un tout incomplet, mais tu ne fais plus qu'un avec la mère lisse, cocon de tes tristesses. Tes muscles se relâchent alors que tu entends une litanie de grossièretés perturber le calme intemporel de la plage déserte. Tu te retournes pour observer ce qui se passe sur la terre ferme. Evidemment, tu n'es plus seul. Un drôle de gars s'échine à retourner le sable avec une pique de métal. Peut-être est ce un genre de dérangé à la recherche de trésors jusqu'à présent insoupçonnés ? Tu regrettes tes lunettes, qui, bien que démodées, t'auraient permis de voir la scène en détails. Que le corps humain est faible, parfois. La mer se rit de toi, en t'aspergeant d'une vague taquine.

Le soleil est toujours arrogant, fier sur son perchoir, quand tu te décides à retrouver la terre ferme. C'est que t'as un restau à faire tourner, nom d'un chien ! D'un crawl fluide, tu t'élances vers le sable. Tu ne fais plus qu'un avec le contre-courant; t'en oublierais presque ta jambe farceuse, qui, bien que lourde, fend l'eau épaisse sans difficulté. Tu te diriges vers ta serviette esseulée, vestige coloré d'une civilisation sur cette étendue de sable fin. Un tee-shirt bleu pétrole vient recouvrir ton torse humide, et tu roules une cigarette, première d'une longue journée. Fumer dès le matin t'as autrefois paru un peu dégueulasse, mais maintenant que t'es tout seul, t'en as plus rien à battre. Elle est ta compagnie de tout instant, ta nymphe de fumée. Sac sur l'épaule, tu dépasse la silhouette, sûrement un de tes collègues, ou alors un de ces maniaques de l'écologie. Tu allais lui lâcher un respectueux bonjour, avant que vos regards ne s'entrechoquent. Oh.. Docteur Butler. T'es surpris, mais quel couillon ne le serait pas ? Toujours la clope au bec, tremblotante de nervosité, tu passes une main frémissante dans tes cheveux ras. Chaque mois, ils deviennent de plus en plus courts. T'as vite réalisé que tes cheveux ne tiendront pas le coup ni face au stress, ni face à la décennie que tu es en train d'aborder avec plus ou moins de sérénité. Vous avez changé de voie professionnelle ?   Tu demandes, sans aucune ironie. Après tout, tes parents t'ont inculqué le respect emblématique de la culture de ton pays. Gêné, tu désignes ta roulée en marmonnant. Vous faites pas d'bile. J'comptais pas la jeter par terre. J'essaie de trier mes déchets. tu tentes vainement de plaisanter, cherchant déjà le moyen d'éviter une conversation douloureuse sans paraître grossier.  
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